Micro-crèches Callihop Nord-Isère, salariées toujours impayées
Les micro-crèches Callihop du Nord-Isère restent fermées et une quinzaine de salariées attendent toujours leur salaire, plusieurs mois après les premiers arrêtés.
Callihop, un réseau de micro-crèches né dans le Nord-Isère
Les six micro-crèches Callihop Nord-Isère forment un réseau né localement. La structure a été créée en 2012 sous le nom Les GarderieLand, avant d'être rebaptisée Callihop en 2022. Elle a été cofondée et est dirigée par Éric Giordano, par ailleurs conseiller municipal à Bourgoin-Jallieu. L'enseigne s'est développée en franchise et exploite aussi des établissements dans le Rhône et le Bas-Rhin, qui ne sont pas concernés par la crise actuelle. Dans le Nord-Isère, les micro-crèches accueillaient de jeunes enfants à Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Morestel et dans des communes voisines, sur le modèle des petites unités de dix à douze places. Ces sites représentaient une part de l'offre d'accueil du jeune enfant sur un bassin où les places restent recherchées.
Une série de fermetures ordonnées par le Département de l'Isère
La crise a démarré le 2 avril 2026, à la micro-crèche Callihop Herriot, à Bourgoin-Jallieu, où une professionnelle aurait secoué un nourrisson. Plusieurs défaillances ont ensuite été pointées : absence d'appel immédiat aux secours, maintien de la salariée au contact des enfants, déplacement vers d'autres établissements du réseau et information tardive des parents. Le Département de l'Isère, compétent pour la protection maternelle et infantile, a pris une première décision de fermeture provisoire visant la micro-crèche Herriot le 9 juillet 2026, puis une deuxième pour le site de la rue de la Passementerie, à La Tour-du-Pin, le 24 juillet 2026. D'autres structures, à Morestel notamment, ont suivi, portant à six le nombre de micro-crèches fermées. Les motifs invoqués tiennent aux effectifs insuffisants, à du personnel non qualifié, à des manquements d'hygiène et à un approvisionnement défaillant.
Les principales étapes de la procédure, à ce stade :
- 2 avril 2026 : signalement d'un nourrisson secoué à la micro-crèche Herriot, à Bourgoin-Jallieu
- 9 juillet 2026 : fermeture provisoire de la micro-crèche Herriot par le Département de l'Isère
- 24 juillet 2026 : fermeture de la micro-crèche de la rue de la Passementerie, à La Tour-du-Pin
- 30 juillet 2026 : une trentaine de familles déclarées sans solution d'accueil
- 24 août 2026 : rassemblement de salariées devant le siège de l'entreprise, à Bourgoin-Jallieu
Une quinzaine de salariées toujours sans salaire
Un mois environ après les premières fermetures, une quinzaine de salariées ont fait savoir qu'elles n'étaient plus payées. Selon les situations, le dernier versement remonte à juin ou à juillet 2026. Toujours liées par leur contrat de travail, elles n'ont pas accès à l'assurance chômage, ce qui laisse certaines sans ressources : l'une d'elles indique qu'il lui reste cent euros pour finir le mois de septembre. La veille d'une démarche collective, les salariées ont reçu un courriel les informant que les structures ne rouvriraient pas. Le 24 août 2026, six d'entre elles se sont présentées au siège de l'entreprise, à Bourgoin-Jallieu, puis à la mairie, sans être reçues. Le Département de l'Isère, qui dit avoir fait primer la sécurité des enfants, les renvoie vers les autorités compétentes pour le paiement des salaires. Un collectif de soutien, baptisé Kliop, réunit salariées et anciennes salariées et a organisé une collecte alimentaire à Bourgoin-Jallieu.
Ce que la situation laisse en suspens
À ce jour, les six micro-crèches Callihop du Nord-Isère restent fermées et aucune date de réouverture n'a été annoncée. Les familles concernées doivent trouver une place ailleurs, dans un secteur où l'offre d'accueil est déjà tendue, à Bourgoin-Jallieu comme à La Tour-du-Pin ou à Morestel. Les salariées engagent des démarches pour récupérer les sommes qui leur sont dues et se tournent vers la justice prud'homale. La mairie de Bourgoin-Jallieu, elle, maintient publiquement sa confiance dans le dirigeant du réseau. Les prochaines échéances portent sur les suites judiciaires, sur la position définitive du Département de l'Isère quant aux agréments des structures, et sur le sort des contrats de travail des salariées, qui conditionne leur accès à l'indemnisation du chômage.

